Tu as repris.
Ça fait quelques mois. Peut-être quelques années. De l'extérieur, ça va. Tu gères. Tu avances. Tu produis.
Mais toi tu sais qu'il y a un truc.
Cette tension dans le ventre qui revient. Cette fatigue que tu n'oses pas trop nommer. Ce sommeil qui flanche. Cette irritabilité qui déborde. Et cette question, en boucle : est-ce que c'est en train de recommencer ?
Tu te surveilles. Tu guettes. Tu essaies de faire attention. Mais comment tu fais pour te faire confiance alors que la première fois, tu n'as rien vu venir ?
Tu te demandes si tu es parano. Si c'est dans ta tête. Si tu dramatises.
Tu n'es pas parano.
Et tu n'es pas fragile non plus.
Tu es quelqu'un qui a traversé un effondrement. Qui s'en est relevé·e. Et qui essaie de reconstruire quelque chose de viable dans un monde qui, lui, n'a pas bougé d'un pouce.
Quiétude est là pour remettre les choses à leur place.
On t'a menti.
On t'a dit que le burn-out c'était parce que tu ne savais pas poser tes limites. Que tu aurais dû dire non. Mieux t'organiser. Mieux t'écouter. On t'a fait croire que c'était ta faute. Un truc que tu avais raté. Une compétence que les autres ont et pas toi. On t'a biberonné·e au "quand on veut on peut", au self-care en 5 étapes, à l'idée que si tu n'y arrives pas c'est que tu n'as pas fait assez d'efforts. Sauf que c'est faux. Archi-faux.
Le burn-out, ce n'est pas un échec personnel. C'est ce qui arrive quand on essaie de tenir dans un système qui valorise l'effort sans fin, qui rend le repos suspect, et qui fait peser sur les individus la responsabilité de conditions souvent intenables. Tu n'es pas le problème.
Ton pire bourreau, c'est le système. Et on veut te faire croire que c'est toi. Ce qui tire en toi aujourd'hui, ce n'est pas un signe de faiblesse. C'est ton corps et ta tête qui font leur travail : ils t'alertent. C'est plutôt une bonne nouvelle, même si ça ne fait pas plaisir à entendre.